Une nouvelle présentation pour Joseph, le secret du juste

Après avoir été épuisé durant deux ans, Joseph, Le secret du juste renaît dans la collection Aux Quatre Vents.

Joseph, Marie… L’histoire du salut est d’abord une histoire d’amour !

Aux Editions des Béatitudes.

 

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La coupe du salut

Dans l’Ancien Testament, quand il est question de « la coupe », il s’agit de la colère de Dieu contre le péché des hommes, il s’agit d’une punition. Avec Jésus, dans son agonie au Jardin des Oliviers, la coupe s’approche de ses lèvres et il la reçoit dans une angoisse mortelle, au point que sa sueur se change en « grosses gouttes de sang qui tombent jusqu’à terre » (Luc 22, 44), les médecins nous disent que cela peut arriver dans des moments de très profonde angoisse. Jésus prie son Père pour que cette coupe s’éloigne de lui… s’il est possible.

Pendant un instant, une seconde dans laquelle il est pleinement homme, abandonné comme il nous semble l’être parfois, Jésus cherche une autre possibilité pour qu’advienne le salut de l’humanité. Puis il se reprend, se raccroche à la raison d’être de son Incarnation : faire la volonté de son Père, lui être uni en toutes choses. « Non pas ma volonté, mais ta Volonté. » La Volonté du Père est son point d’ancrage, sa nourriture, sa joie sans fin ! Et ses lèvres pures se posent sur la coupe immonde de nos péchés. Il embrasse nos chutes comme il embrasse l’éponge chargée de vinaigre, après avoir refusé le vin mêlé de myrrhe, plus doux et parfumé, et qui est surtout anesthésiant. Oh ! baiser de Dieu qui vient nous relever ! Dieu a cherché Adam dans le jardin de la trahison : « Où es-tu ? » Il a espéré que l’homme déchu vienne se jeter à ses pieds : avec quelle joie il lui aurait accordé le baiser du pardon. Mais l’homme et la femme se sont cachés. Ils ont peur de la miséricorde, peur du regard trop pur et trop innocent de leur Père se posant sur leur nudité dévoilée, sur leur humanité avilie.

Jésus est venue dans notre nature humaine pour nous donner ce baiser et le perpétuer jusqu’à la fin des siècles : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versée pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » (Paroles de la consécration du vin)

La coupe de l’amertume est devenue le calice de la rédemption, la coupe du salut devant laquelle nous nous inclinons à chaque Eucharistie. Quel mystère ! Entrons dans cette Semaine sainte en accompagnant Jésus chaque jour dans son agonie à Gethsémani, comme nous le pourrons, au milieu de nos obligations professionnelles et familiales : une heure, vingt minutes, trois minutes… mais de tout notre cœur.

Belle marche vers la joie de Pâques, car la Passion n’existe que pour et par la Résurrection !

Odile

Drôle de métier

En lisant une interview de la danseuse russe Sophie Galitzine, je m’arrête sur ces mots : « Le « métier » de mère est d’une beauté magnifique, mais il exige une abnégation qui n’est saluée d’aucune reconnaissance. »

Il y a, je trouve, une désacralisation du rôle de mère, devenu un métier. Par exemple, dans son spectacle très drôle de 2009, Mother Fucker, Florence Foresti s’attache à présenter la maternité sous ses dehors les plus terre-à-terre… qui sont réels, bien entendu – et cela fait du bien d’en rire – mais qui sont loin d’être l’essentiel. Elle ne parle pas du regard que votre enfant pose sur vous, et qui vous fait soudain exister. Elle ne parle pas du poids de la tête de votre bébé contre votre épaule, quand il s’endort en toute confiance et que vous n’osez plus bouger, tant pis si votre bras s’ankylose, vous pourriez rester ainsi pour l’éternité.

Aujourd’hui, bien plus qu’avant, on décide d’être mère : on attend d’abord de trouver « le bon » (comprenez : père), on profite ensuite de la vie à deux (et c’est normal de construire le « nid » avant d’y accueillir des enfants), on décide enfin du bon timing. Si nos mères avaient toutes planifié le bon moment, certains d’entre nous ne seraient pas là à lire ces lignes (rire).

Le problème est qu’à force d’être trop planifié, l’enfant n’est plus une surprise, une aventure qui nous façonne à mesure qu’on la vit : il devient un élément parmi d’autres de notre plan de carrière !

Si l’on n’en voit que les côtés matériels ou financiers, l’organisation, l’emploi du temps surchargé, alors oui, être mère est un métier. Sauf qu’on ne démissionne pas ! Pour paraphraser le verset 4 du Psaume 109 : « Tu es mère à jamais. » L’enfant n’est pas un petit « nous » que nous sortons d’un tiroir quand nous avons besoin de nourrir notre estime de soi ; il est pleinement « lui » et peut-être qu’il nous repoussera, qu’il nous contredira, qu’il nous provoquera. Et alors ? Rien ne nous séparera jamais de lui. Nous l’attendrons, jour après jour, en priant pour lui, en le guettant « au loin » comme le père dans la parabole du Fils prodigue. Parce que nous sommes mères à jamais. Parce que cet enfant qui est sorti de nous demeure en nous pour toujours.

Seigneur, aide-nous à poser un regard d’émerveillement et d’espérance sur chacun de nos enfants, aide-nous à te les présenter, jour et nuit, dans tout ce qu’ils font, en te rendant grâces pour tout ce qu’ils sont.

Bonne semaine !

Odile

Faire tomber les barrières

En avant, Lucie ! éditions Pierre Téqui

J’aurais cru que des films comme Intouchables ou Les Mistrals gagnants feraient tomber les barrières entre les personnes handicapées ou malades et les bien-portants, barrières qui ont toujours existé puisque, même au temps de Jésus, les disciples osent demander en voyant l’aveugle-né : « Seigneur, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répond aussitôt : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. » (Jean 9, 1-38)

 

Je discutais, aux éditions Pierre Téqui où je travaille, avec notre commercial au sujet du livre En avant, Lucie !, un roman pour jeunes qui décrit le parcours d’une jeune aveugle, ses difficultés, sa colère, ses doutes, jusqu’à l’arrivée dans sa vie de Lasco, chien guide. Il me disait que ce livre juste et émouvant, dont l’auteur a perdu la vue à l’âge de 9 ans, a reçu un accueil mitigé de la part des libraires : « Oh ! un livre sur le handicap, c’est difficile… »

C’est difficile de briser les barrières, d’oublier la peur de part et d’autre : car les bien-portants aussi ont peur, ils ne savent pas comment aborder la personne, ils craignent de faire une gaffe. Bon nombre de personnes handicapées témoignent que leur chien n’est pas seulement le compagnon fidèle qui les soutient efficacement ; il est aussi l’intermédiaire que les gens saisissent pour nouer le contact : « Il est beau, votre chien, il est bien sage », « Il s’appelle comment ? »

Souvent, les barrières ne sont pas un mur de pierre, juste un rideau, et il ne faudrait pas grand-chose pour le soulever. Je lisais dans la revue Un regard pour deux, le magazine des Chiens Guides de l’Est, qu’un supermarché Leclerc ouvre ses portes aux élèves chiens guides pour leur permettre de faire leur apprentissage dans des conditions réelles, au milieu des clients et des caddies. Cela peut sembler être une goutte d’eau, mais c’est comme l’effet papillon : cela commence par un reflet de couleurs sur les ailes d’un papillon et cela se termine par un arc-en-ciel qui traverse le ciel.

Ose ! chantait Yannick Noah. Osons faire le premier pas, le premier sourire, un mot sur le temps… ou sur le chien ! « C’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui », nous dit Jésus à propos de l’aveugle-né. En lui, et peut-être aussi en nous, quand nos cœurs et nos mains sont fermés par la peur, par la gêne, par la fausse pudeur. Par la crainte, nous aussi, d’être rejetés, car qui sommes-nous pour venir jeter au visage de la personne malade ou handicapée notre bonne santé assortie de nos grands soucis et de nos petits malheurs ? Peut-être qu’il nous manque seulement de pouvoir nous reconnaître comme deux pauvres, mais deux enfants de Dieu qui s’apprivoisent sous le regard de leur Père.

Bonne semaine !

Odile

Chiens Guides de l’Est

En avant, Lucie !

 

Allons-nous fuir l’Eglise ?

D.R.

Pour certains (ou beaucoup ?) d’entre nous, il existe dans notre chemin de foi le cuisant souvenir d’un moment, d’un événement où l’Église nous a blessés ; ou, plutôt, de circonstances où des hommes ou des femmes dans l’Église nous ont blessés. Car l’Église n’est pas une entité abstraite, c’est lui, c’est elle, c’est vous, c’est moi.

La vive conscience d’appartenir à l’Église en tant que Corps du Christ, c’est à Taizé que je l’ai reçue. Quand j’ai découvert ce petit « printemps de l’Église » en 1986, ma première pensée d’adolescente généreuse que son église de quartier n’accueillait pas à bras ouverts dans sa bonne volonté ecclésiale fut : « C’est tellement mieux qu’en paroisse ! » Mais les Frères de Taizé ne l’entendaient pas de cette oreille : tous les enseignements, tous les groupes de discussion nous renvoyaient fermement vers notre propre paroisse.

Frère Roger lui-même écrivait : « Dans cette communion d’amour qu’est le Corps du Christ, son Église, s’introduisent parfois des inconséquences. Elles font beaucoup souffrir. Alors, allons-nous fuir ? Non, jamais. Nous ne pouvons qu’accourir pour soutenir un renouveau dans le peuple de Dieu. »

Ces mots nous dérangent et nous bousculent ! Si notre paroisse ne correspond pas à nos attentes, nous pouvons rester les bras croisés en râlant et en trouvant des fidèles autour de nous avec qui partager nos mécontentements ; nous pouvons aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte et les chants plus dynamiques ; nous pouvons enfin « accourir » et « soutenir un renouveau » que nous souhaitons. Cela peut prendre de nombreuses formes, comme : lancer un Parcours Alpha ; proposer une veillée de louange ou d’adoration du Saint-Sacrement de temps en temps ; rejoindre l’équipe de la préparation au mariage pour la rajeunir si elle s’essouffle un peu ; monter une chorale avec quelques volontaires autour de l’animatrice qui s’efforce toute seule de transmettre sa joie de chanter pour Dieu ; constituer un petit noyau qui animerait une messe avec les familles une fois par mois, où les ados et les jeunes enfants auraient tous un rôle à jouer. Et bien d’autres idées qui, j’en suis sûre, vous tiennent à coeur dans le secret.

Nous aurons à nous montrer patients : parfois, cela prendra plusieurs mois, voire deux ou trois ans. Nous serons sereins et persévérants, confiants et joyeux, nous intéressant aux autres activités de la paroisse, participant aux temps forts. Peut-être que nous aurons à souffrir des « inconséquences » de telle ou telle personne ou du fonctionnement même du système, mais nous tiendrons bon.

Fuir ? Jamais ! À qui irions-nous ? Jésus lui-même a bâti l’Église en nous promettant que la puissance de la mort ne l’emporterait pas sur elle. C’est à nous qu’est confiée cette promesse, c’est à nous de retrousser nos manches pour la faire exister et rayonner.

Bonne semaine !

Odile

Merveille que je suis

D.R.

Je suis tombée sous le charme du film Belle et Sébastien (2013), pas seulement à cause de la nostalgie de retrouver la célèbre série de 1965 (même si la chanson « Belle, tu es si belle… » m’a émue ; prenez le temps dans cette journée de l’écouter tranquillement en buvant du thé vert), mais à cause de la beauté des images et du charme du jeune acteur. Un des personnages, André, va révéler à Sébastien le secret de Belle, en prononçant cette phrase qui est la clé de voûte du film : « Personne ne naît méchant, ni les humains ni les animaux. » Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? « Et Dieu vit que cela était très bon » Pour la petite histoire, et j’en termine avec ce retour en enfance, André est joué par Medhi, l’acteur qui interprétait le premier petit Sébastien de 1965. Cette scène où l’on voit André « schlitter » évoquera pour tous les Vosgiens de cœur un épisode semblable avec Bourvil qui pleure d’épuisement sous le poids de son chargement de bois, dans Les grands gueules (nous sommes toujours en 1965 !).

Non, personne ne naît méchant, personne ne naît assassin, menteur ou nazi. En tout être humain, nous pouvons retrouver le premier regard d’amour de Dieu, cet émerveillement : « Que tu es beau, mon bien-aimé ! Que tu es belle, mon amie ! » (Cantiques des cantiques)

Le temps du Carême est un temps de conversion, c’est-à-dire, au sens propre, de retour sur nous-mêmes, d’introspection pour mieux revenir à Dieu. C’est dommage d’avoir perdu ce qu’on appelait l’examen de conscience, balayé pour ses relents de jansénisme scrupuleux, mais qui était pourtant bien précieux. Luc Adrian, de sa plume alerte, nous proposait récemment dans Famille Chrétienne une méditation des sept péchés capitaux, dont le plus terrible est l’orgueil ; or, disait-il, l’orgueil peut être combattu par l’humour qui se décompose ainsi : hu comme humilité et mour comme amour.

Se glorifier et se dénigrer sont les deux facettes de l’orgueil. Nous ne sommes pas des dieux – « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4) – et nous ne sommes pas des nuls.

Le Psaume 138 nous permet de trouver l’attitude juste :

« Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais » (verset 1) : Dieu me connaît dans mes bons et mes mauvais côtés, il sait tout de moi, je n’ai pas besoin de jouer un rôle, un personnage, je suis nu devant lui comme aux temps de la Genèse, mais je n’ai pas à en avoir peur ;

« Ta main me conduit, te droite me saisit » (verset 10) : Dieu ne m’abandonne pas en découvrant ma nature profonde d’être blessé et blessant ; au contraire, il descend jusqu’à moi pour me relever, me sauver, me conduire ;

« Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis » (verset 14a) : je suis une merveille pour Dieu, l’objet de son amour de préférence. Comme un enfant qui marche avec assurance parce qu’il est sûr de l’amour inconditionnel de ses parents, nous pouvons marcher avec assurance sous le regard de Dieu car il ne nous demande pas d’être parfaits – nous ne le serons jamais, il le sait bien ; il nous demande de lui faire confiance ;

« Étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait » (verset 14b) : cette découverte que je viens de faire sur moi-même, je peux maintenant l’appliquer à tous ceux qui m’entourent, ceux que j’aime le plus et ceux que j’aime le moins. Eux aussi sont, tous et chacun, le préféré de Dieu, l’objet de son amour de prédilection et de sa miséricorde. Quand notre cœur se gonfle de colère contre une personne, essayons de voir en lui, en elle, l’enfant qu’il ou elle a été et posons sur lui, sur elle, le regard d’une mère : petit enfant, quelle blessure te rend si agressif, si arrogant ? Quelle peur te rend si indécis, si casse-cou, si inquiet, si insouciant ?

« Conduis-moi sur le chemin d’éternité » (verset 24) : notre vie a un sens, c’est-à-dire une direction, car nous marchons vers les bras de Dieu, notre Père, « riche en miséricorde et plein d’amour », qui attend notre retour depuis la nuit des temps.

Puisque vous êtes en train de me lire sur votre téléphone ou votre tablette, prenez trois minutes pour ouvrir un nouvel onglet, tapez « AELF psaume 138 » et relisez cette belle déclaration d’amour.

 

Bonne semaine !

Odile

40 jours de joie

Patapon n° 448 de février 2018

« Encore un Carême ! », pensons-nous peut-être à l’approche du Mercredi des Cendres. C’est une période qui fait peur, avec son cortège de privations, de sacrifices et de silence. Pourtant, quand mes enfants en parlent, cela me semble être pour eux de bons souvenirs : « On se privait de bonbons et quand on rentrait très tard de la veillée pascale, la table était couverte de bonbons bien arrangés, c’était la fête ! »

Il y a une joie profonde à trouver dans ce temps de Carême. Remettons les choses dans une juste perspective :

– premièrement, tout n’est pas triste et pesant pendant le Carême : pensons aux liturgies tellement belles (par exemple, le « Grand Canon » de saint André de Crète ou certaines antiennes magnifiques du père André Gouzes !), au dimanche des Rameaux avec sa procession, aux temps forts de la Semaine sainte ;

– deuxièmement, nous n’avons pas à vivre le Carême comme si nous ne connaissions pas la fin de l’histoire : Jésus est ressuscité ! Pour nous, contrairement aux Apôtres, il n’y a pas de suspense, nous savons que cela « finit bien », que la Passion ouvre sur la Résurrection et que la Vie a remporté la victoire définitive sur toute forme de mort. D’ailleurs, nous continuons à célébrer l’Eucharistie – action de grâces pour la victoire du Christ – chaque jour, à l’exception du Vendredi saint où il n’y a pas de consécration, mais où nous communions néanmoins au Corps vivant de Jésus. Bien sûr, chaque vendredi, nous accompagnerons Jésus tout au long de son Chemin de Croix, en réalisant avec un amour toujours plus grand qu’il a souffert tout cela pour nous rejoindre et nous sauver… mais sans perdre de vue la lumière du matin de Pâques car c’est elle qui donne tout leur sens aux souffrances de Jésus – et aux nôtres !

Le Carême n’est pas une marche forcée dans un tunnel obscur ou un parcours de commando, dont on sort en se disant : « Ouf, c’est fini ! » C’est un « temps de grâce », nous dit la liturgie, un temps privilégié qui nous invite à avancer vers et avec Jésus. En privilégiant la prière, le jeûne et l’aumône un peu mieux qu’en temps ordinaire, nous allons retrouver une intimité avec Jésus, le bien-aimé de nos cœurs : d’ailleurs, le Mercredi des Cendres ne tombe-t-il pas en même temps que la Saint-Valentin ? Jésus nous redit qu’il nous aime et qu’il nous propose un rendez-vous amoureux. De quarante jours !

Bonne semaine et belle entrée en Carême !

Odile

Le parfum de l’innocence

D.R.

Ce matin, j’entame sans y faire attention un nouveau gel douche « citron basilic » et soudain surgit dans la vapeur une madeleine de Proust, une réminiscence : ce parfum de citron un peu artificiel évoque très nettement un bonbon revenu du passé, une sorte de pâte de fruits très gélatineuse dans son emballage en plastique. J’en ai presque le goût dans la bouche durant quelques secondes !

L’odorat, pour nos frères juifs, est le seul sens qui a été préservé de la chute (Genèse 3) : Ève a écouté le serpent, a regardé le fruit défendu, l’a touché, l’a goûté ; mais elle ne l’a pas senti. C’est pourquoi les parfums ont tant d’importance dans la liturgie juive et, par ricochet, dans la liturgie catholique avec l’encens ou l’huile.

Dans les Évangiles aussi, on trouve deux scènes d’onction parfumée : la femme pécheresse qui oint les pieds de Jésus quand il se trouve chez Simon le Pharisien ; et l’onction de Béthanie (lue au début de la Passion, le dimanche des Rameaux) quand Jésus est chez Lazare et prononce cette si belle parole : « Partout où l’Évangile sera proclamé – dans le monde entier –, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire. » (Marc 14, 1-15 ; lecture du dimanche 25 mars)

On dit aussi de quelqu’un qui a mené une vie édifiante qu’il est mort « en odeur de sainteté ». Et qu’y a-t-il de plus émouvant que le parfum de la peau d’un petit bébé que l’on tient tout contre sa joue ?

Les parfums viennent éveiller en nous des zones enfouies de souvenirs d’enfance et d’émotions intactes : l’herbe coupée des soirs d’été, la barbe-à-papa ou la pomme d’amour des jours de fête foraine, un vieux banc de bois dans une église silencieuse, les saucisses grillées des matchs de foot du temps où l’on pouvait entrer gratuitement dans le stade à la deuxième mi-temps. Et quand on cuisine pour ceux qu’on aime, est-ce que les bonnes odeurs qui montent des plats ne sont pas une promesse de convivialité et de partage ?

Laissons monter vers Dieu les parfums très purs de notre amour et de notre prière afin que la maison « soit remplie tout entière par l’odeur du parfum » qui s’élève de nos vies.

Bonne semaine !

Odile

Des fourmis et des hommes

D.R.

Alors que le premier perce-neige déploie ses clochettes blanches, Noël semble déjà loin ; j’ai enlevé le sapin et les décorations, mais pas encore la crèche puisqu’on peut la laisser jusqu’à vendredi, jusqu’au 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, appelée aussi fête des lumières ou Chandeleur.

Hier, je méditais devant cette jolie crèche composée de santons de terre cuite brute, qui nous accompagne depuis nos fiançailles, mais qui s’est agrandie au fil des années. Aux personnages se sont ajoutés des animaux et des éléments de décor comme un mur de pierres, un puits, un cabane de bergers… J’observais ce petit peuple affairé qui se hâte vers la Sainte Famille et je pensais que je voyais ces gens, finalement, un peu comme Dieu nous voit : de haut, de loin.

Puis j’ai réalisé que non, je ne les voyais pas comme des fourmis, minuscules et tous pareils ; je voyais chacun dans son activité : le meunier qui porte son sac de farine, la lavandière à genoux, le musicien avec sa guitare, le vieux curé en soutane, la paysanne avec son panier sur la tête, la femme au parapluie et même le chat sur la margelle du puits. Je les connais, chacun selon ses caractéristiques ; je sais que le ravi a le bras un peu ébréché, mais que ça ne se voit pas si on le tourne vers la droite. Et je les aime tous ! Quand vient le moment de les remettre dans leur boîte, je les emballe chacun dans un mouchoir en papier pour le protéger ; et c’est toujours la même joie de les ressortir au début de l’Avent et de les voir reprendre leur place, sur la commode, dans cette joyeuse procession vers l’étable où le berceau de l’Enfant-Jésus est encore vide. De les voir reprendre leur place dans la plus belle histoire du monde. Et si l’un d’entre eux n’y était plus, il manquerait. Même la marchande de poissons que nous avons en double !

Dieu nous regarde ainsi : avec amour, avec tendresse. Il connaît nos éraflures. Mais lui ne nous contemple pas de haut, de loin. Non. Il est venu parmi nous en Jésus, il a pris un visage d’homme, un métier d’homme et les souffrances des hommes. Il ne s’est pas fait fourmi ; il est devenu vrai Dieu et vrai homme pour que nous puissions croire en l’amour. Alors, qu’attendons-nous pour sentir notre cœur se dilater à cette bonne nouvelle ?

Bonne semaine !

Odile

Besoin de renouveau

D.R.

Dans les laudes de ce lundi, je retiens le verset du Psaume : « Les arbres des forêts dansent de joie. » Pourtant, comme ils sont dépouillés, en ce mois de janvier, les arbres de nos forêts, tandis que nous pataugeons dans la boue des chemins ! Après le Black Friday qui a mis à mal notre carte bancaire, voici le Blue Monday qui éprouve notre moral en nous présentant le jour le plus déprimant de l’année – c’était pour cette année le 15 janvier. De surcroît, nous approchons de février, le mois qui connaît le plus de dépressions.

Nous sommes donc loin de danser de joie en regardant tomber la pluie. Pourtant, début janvier, nous étions pleins d’allant pour aborder cette nouvelle année avec ses surprises et ses promesses, armés de nos bonnes résolutions comme d’un bouclier contre la morosité ambiante.

Or, moins d’un mois plus tard, nous voici déjà amers et découragés. Nous avons besoin de renouveau ! Nous avons besoin de renouveler notre quotidien ! Non pas seulement notre garde-robe grâce aux soldes – est-ce que vous êtes comme moi envahis de spams agaçants qui vous promettent toutes les grandes marques avec 70% de réduction ? – ou à l’envie de partir au soleil, mais un renouvellement intérieur de notre énergie et de notre enthousiasme.

Soyons attentifs aux petites choses, aux clins d’oeil, dans notre vie quotidienne, de la fée Clochette ou de l’Esprit Saint ! Envie de réorganiser votre salon ? Allez-y ! Envie de vous (re)mettre au sport ? Allez-y ! Saisissez les occasions qui croisent votre route. Par exemple, en recevant la nouvelle formule de mon hebdo Famille Chrétienne, j’y trouve une belle recension de mon dernier livre – Au quotidien avec les femmes de la Bible – et cette petite phrase : « A découvrir également sur son blog » avec un lien vers ce site ; j’ai alors réalisé que ce site ou blog, en fait, je l’alimentais très peu, d’où ma résolution de proposer chaque lundi une petite réflexion pour nous motiver ensemble, nous faire sourire ou méditer ! Je vous souhaite aujourd’hui de danser de joie en ayant trouvé une pépite de joie dans votre journée.

Très bonne semaine !

Odile