Elizabeth Seton (1774-1821) – Une pionnière spirituelle du Nouveau-Monde

Première béatifiée de l’Église des États-Unis, Elizabeth Ann Seton a l’âme d’un pionnier, le feu d’un apôtre, la sensibilité d’un poète. Si elle a reçu de son Église épiscopalienne le goût de l’étude et l’amour de la Parole de Dieu, elle l’a quittée pourtant, attirée par le mystère de l’Eucharistie, ce « suprême bonheur si longtemps désiré. » Comme la fondatrice des Filles de la Charité de Saint-Joseph, n’ayons d’autre quête que « Dieu et son Église. »

Paru dans la revue Feu et Lumière, Octobre 2003

Faisons un bond dans le passé et imaginons, au début du XIXe siècle, la ville de New-York : plus de hauts buildings, mais de minuscules maisons aux façades de brique rose ou crépies à la chaux, plus de longues avenues rectilignes, mais de petites rues tortueuses et mal pavées, animées, encombrées, faiblement éclairées par des réverbères pourvus de lampes à huile. Au plan religieux, le dépaysement est le même : en secouant le joug de la tutelle britannique, le jeune État prétend instaurer l’indépendance religieuse sur le même plan que l’indépendance politique.

 

L’Église épiscopalienne rejette donc à la fois l’anglicanisme et l’Église catholique dont le chef, le Pape, est une entité étrangère qui inspire la méfiance et dont les membres sont, pour la plupart, de petites gens ou des immigrants sans fortune. On comprend que, dans ce contexte, le passage au catholicisme d’une femme qui brillait, il n’y a pas si longtemps, dans les salons les plus huppés de la ville, ait provoqué sarcasmes, reproches et indignation avant que son œuvre ne suscitât l’admiration et la reconnaissance.

 

« Dieu est mon Père, mon tout »

 

Le 28 août 1774, au foyer du docteur Richard Bayley et de Catherine Charlton naît une deuxième fille, Elisabeth Ann. La guerre d’Indépendance qui éclate et le terrible incendie qui ravage New-York en 1776 marquent ses premières années par la souffrance, la terreur, les privations. Le 8 mai 1877, sa mère meurt en mettant au monde une petite Kitty qui ne vivra que deux ans. Treize mois plus tard, le docteur Bayley, âgé de 35ans, épouse la jeune Charlotte Barclay qui va en avoir 19. Entre elle et Elisabeth, enfant sensible, passionnée, volontaire et qui voue à son père une admiration sans borne, c’est l’incompréhension.

 

Elizabeth est rapidement envoyée en pension avec sa sœur Mary. Elle apprend la musique et s’initie au français. Douée et pleine de vie, elle aime pourtant être assise toute seule pendant des heures et contempler les nuages en pensant toujours à sa mère au ciel. Tandis que Mary, comme leur père, manifeste son indifférence religieuse, Elizabeth est passionnément attachée à la religion. La sécurité et la tendresse qui ne lui viennent ni de sa belle-mère trop jeune, ni de Richard toujours absent, c’est en Dieu qu’elle les trouve : Mon père était au loin, mais joie en Dieu de ce qu’il était mon Père ; je le priais de ne jamais m’abandonner.

 

L’année 1789 s’achève. Mary, à 20 ans, prépare son mariage avec le jeune docteur Wright Post tandis que le cœur d’Elizabeth est étreint par une indicible angoisse : l’union de son père avec Charlotte est un échec et la jeune fille de 17 ans en est déchirée. Elle en conclut qu’il est stupide d’aimer quoi que ce soit en ce monde. Elle s’étourdit dans les plaisirs mondains, dans les succès qu’elle rencontre. À 18 ans se côtoyent en elle le rêve de s’occuper d’enfants dans un endroit où les gens pourraient s’enfermer loin du monde et prier, et des tâtonnements douloureux, un vide où rôde la tentation du suicide. Elle finit par faire au Seigneur des milliers de promesses d’éternelle gratitude pour n’avoir pas accompli cette horrible action.

 

Onze enfants à charge

 

À 19 ans, Elizabeth malgré sa petite taille possède un charme grave et séduisant, des yeux bruns, un menton volontaire, et ses cheveux châtain foncé sont coiffés en anglaises. L’amour, comme un grand vent, a chassé de son cœur les nuages noirs : elle est éprise de William Magee Seton, 25 ans, l’aîné des treize enfants qui composent la famille Seton, l’une des plus estimées de New-York. Ils se marient le 25 janvier 1794. Le seul nuage dans ce ciel clair concerne la santé de William : tous les Seton, à des degrés divers, sont atteints de tuberculose, maladie encore mystérieuse.

 

Commence pour Elizabeth une vie paisible entrecoupée par les réceptions mondaines auxquelles leur rang les astreint. Le 3 mai 1795 naît Anna-Maria, aussi comblée d’amour qu’Elizabeth en a été frustrée : Certains petits êtres sont nés pour être entourés de tendresse, tandis que d’autres sont traités par ceux qui leur ont donné la vie avec moins de soins qu’ils n’en reçoivent de la nature. En huit ans naîtront William, Richard, Catherine et enfin Rébecca.

 

Mais son mari ne se porte pas bien et Elizabeth vit dans une angoisse qui se double du chagrin de savoir que William ne partage pas sa foi : Je suis devenue « celle qui regarde en haut », car c’est là le seul remède à ma peine. La mort du père de William, déjà veuf, oblige Elizabeth à assumer le rôle de mère de famille nombreuse, sans aucune aide de son mari accablé : Pour moi qui aime si fort la tranquillité, c’est un très grand changement de devenir d’un seul coup la mère de six enfants de plus et de me voir à la tête d’une si grande maisonnée. Elle prononce alors les mots qui deviendront sa devise : Il me faut tâcher de faire face.

 

Derrière les barreaux

 

En se chargeant de l’éducation de ses jeunes belles-sœurs et de ses enfants, Elizabeth se révèle une excellente pédagogue et s’épanouit en donnant le meilleur d’elle-même. Quand les difficultés la submergent, elle écrit dans son journal : Père tout-puissant, tu sais que le désir de mon âme est de faire ta volonté. L’arrivée à la paroisse du jeune révérend Hobard procure un regain d’espoir à Elizabeth qui veut, pour son mari, la joie et la force qu’elle trouve en Dieu. En août 1803, William accepte de venir à l’église avec les siens. Elizabeth exulte : Le cœur de Willy semblait être plus proche de moi parce qu’il était plus proche de son Dieu.

 

Mais cette union des âmes prélude à la séparation terrestre : Il décline si rapidement qu’on ne peut garder aucun espoir. Elizabeth lui accorde un ultime bonheur : ce voyage en Italie dont le malade rêve comme d’un remède miraculeux. William et Elizabeth s’embarquent donc le 2 octobre 1803, avec Anna-Maria âgée de huit ans. C’est de la folie, mais nous avons une autre manière de voir les choses. Après 48 jours de mer, le navire aborde à Livourne où commence une nouvelle épreuve : à cause du mauvais état de santé de William, les voyageurs sont mis en quarantaine. Ils vont passer un mois au lazaret qui ressemble davantage à une immense prison qu’à un hôpital. Encore une fois, Elizabeth fait face, ne voulant pas par ses plaintes repousser de mon âme la seule consolation que je pouvais recevoir.

 

Ces trente jours de réclusion inhumaine sont en réalité des jours de grâce, une sorte de retraite que Dieu leur a ménagée, les heures les plus précieuses de ma vie. Elizabeth goûte le bonheur de voir William, à son contact, devenir un chrétien pacifié et humble, avec une patience et une foi si ferme qu’elle ferait honneur à la piété la plus digne de ce nom. Enfin conduit à Pise, le 28 décembre, William meurt sans regarder ce paysage dont il a tant rêvé, les yeux au ciel, murmurant le nom de Jésus.

 

« Jésus présent »

 

Accueillies par une famille catholique, les Filicchi, Elizabeth et sa fille sont entourées de tendresse. Elles vont passer là six mois en attendant qu’un bateau se rende à New-York. Malgré leur délicatesse, les Filicchi tentent de ramener cette jeune veuve de 29 ans, dont ils admirent le courage, la foi et la vaillance, vers l’Église catholique. Par reconnaissance autant que par curiosité, Elizabeth accepte les nombreuses visites d’églises et les discussions animées avec ses hôtes. Elle est touchée par l’art chrétien italien et par l’amour authentique qui s’exprime à son égard : Que ta grâce me donne de trouver la bonne route !

 

Un jour, son hôte Antonio lui montre comment faire le signe de la croix. Oh ! la formidable impression que je ressentis à le faire, moi, pour la première fois ! Elle avoue que toute la religion catholique est pleine de ces significations qui m’intéressent tant. Ce qui attire Elizabeth par-dessus tout, c’est qu’ils vont à la messe tous les matins. Elle assiste avec angoisse, depuis sa fenêtre, à une procession du Saint-Sacrement : Étais-je la seule qu’il ne bénissait pas ? Elle envie le bonheur de ceux qui possèdent cette foi bénie en Jésus présent et s’interroge gravement : S’Il était là ?

 

Le 4 juin 1804, Elizabeth et Anna-Maria sont de retour à New-York. Vêtue de l’habit de deuil des Toscanes, longue robe noire à plis, courte pélerine noire et capeline noire nouée sous le menton, Elizabeth, riant et pleurant, embrasse ses quatre enfants retrouvés. Elle retrouve aussi le révérend Hobard qui entreprend aussitôt de la ramener dans la véritable Église, la vôtre. Antonio continue de lui écrire. Écartelée, troublée, Elizabeth perd la paix pour une triste lassitude que je n’avais jamais éprouvée jusque-là. Quand elle est seule, sa consolation est de me réfugier en imagination dans une église catholique.

 

« En route pour une nouvelle vie ! »

 

Je n’avance pas, écrit-elle le 1er novembre 1804. Elle se rend à l’église épiscopalienne : Si je quittai la maison en étant protestante, j’y revins catholique. En effet, quand elle reçoit le pain et le vin bénis en lesquels « le corps et le sang du Christ sont pris et reçus spirituellement » (Prayer Book de 1793), elle aspire désespérement à la présence réelle de Jésus : pas de mots pour exprimer mon épreuve ! En se tournant vers l’Église catholique de New-York, à cette époque, elle accepte la déchéance sociale et le mépris des siens : Je ne cherche que Dieu et son Église !

 

Le 27 février 1805, Mercredi des Cendres, elle se rend à l’église Saint-Pierre : C’est ici qu’il faut me laisser reposer. Le 14 mars, Elizabeth fait officiellement sa profession de foi catholique : Ô ce jeu de mon cœur avec Dieu. En route pour une existence nouvelle ! Le 20 mars, elle se confesse : Formidables, ces paroles qui délient quand on a été lié pendant trente années. J’ai eu le sentiment que mes chaînes tombaient. Le 25 mars 1805, c’est la première communion d’Elizabeth : Enfin, Dieu est mien et je suis sienne !

 

Devenue catholique, Elizabeth n’est soutenue que par ses cinq enfants. Famille et amis, tous alternent les moqueries, les menaces, les reproches à l’égard cette pauvre Mrs Seton à la cervelle fêlée. L’évêque de Baltimore, Mgr Carroll, de passage à New-York, la rencontre. Il la prépare lui-même au sacrement de confirmation qu’elle reçoit le jour de la Pentecôte, le 26 mai 1806. En novembre, elle fait la connaissance de M. Dubourg, directeur d’une école de garçons à Baltimore. Elle lui raconte son rêve, à dix-huit ans, d’une maison pour y rassembler tous les petits enfants des environs et leur apprendre à être bons. Il répond tranquillement : Pourquoi pas cela dès maintenant ?

 

La mère de nombreuses filles

 

C’est le 15 juin 1808 qu’Elizabeth et ses enfants arrivent à Baltimore, le jour où les Sulpiciens français fêtent avec l’évêque le seizième anniversaire de leur présence en Amérique. Elizabeth ouvre donc à Paca Street, à côté du séminaire et de l’école des garçons, une petite maison d’éducation pour les filles. L’année scolaire commence avec sept élèves, dont les trois petites Seton. Mais Elizabeth, à 33 ans, prend sa tâche au sérieux : arithmétique et grammaire se mêlent à l’art sur la base d’un solide enseignement religieux. Deux mois après, Mgr Carroll lui offre un terrain à Emmitsburg : On attend de moi que je sois la mère de nombreuses filles.

 

Puisque les missionnaires de Baltimore sont les fils de Jean-Jacques Olier dont le meilleur ami était saint Vincent de Paul, les premières consacrées d’Amérique seront tout naturellement des Filles de la Charité. Elles sont cinq, le 25 mars 1809, à prononcer les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Elizabeth ne veut pas se contenter de diriger une école, mais m’occuper des pauvres, visiter les malades, consoler et apprendre aux enfants à aimer Dieu. Le 31 mai, jour de la prise d’habit officielle, Elizabeth choisit pour ses Filles la tenue de deuil des veuves de Toscane.

 

Le 21 juin, la petite communauté s’installe à Emmitsburg et devient les Filles de la Charité de Saint-Joseph. Mais la fondatrice reste avant tout une mère de famille : Le droit de mes enfants doit demeurer inviolé. Cependant, son jugement si sûr, si lucide, se trouble quand il s’agit d’eux : Puis-je regarder mes cinq sans les craintes, les anxiétés d’une mère ? Trop sévère avec ses trois filles, surtout Anna-Maria au caractère bien affirmé, elle ne l’est pas assez avec ses deux garçons qui manquent de courage et de volonté. Prier et aimer, c’est tout ce que la pauvre mère peut faire pour ses chéris.

 

S’en aller à la Maison

 

En 1811, Elizabeth rédige les Règles de la communauté, à peu près identiques à celles des Sœurs de France. Tandis qu’augmentent le nombre des élèves et celui des Sœurs, la santé d’Elizabeth se détériore. Elle est minée elle aussi par la tuberculose, mais ne ménage pas sa peine pour l’œuvre qui lui est confiée. La mort d’Anna-Maria, à 17 ans, le 12 mars 1812, marque le début de son déclin. Elle continue à « faire face », mais que ton règne vienne, supplie-t-elle. Elle s’inquiète pour Catherine, sa Kitty, mais c’est la petite Rébecca qu’emporte à son tour la tuberculose à 13 ans, en 1816.

 

La reconnaisssance officielle de son institut en 1817 change le comportement de ses proches envers Elizabeth. On compare à présent avec fierté Mother Seton à « une sorte de Jean-Baptiste. » Mais elle est à la dernière extrêmité de ses forces. En août 1820, elle doit s’aliter. Elle se sait perdue, mais la paix ne la quitte pas : Oh ! si pouvais en être aux dernières quintes de toux, quelle serait ma joie ! La pensée de m’en aller à la Maison, appelée par sa Volonté… Elle refuse le crucifix que Catherine lui donne « pour l’aider à penser à Dieu » : Ma chère fille, un crucifix, j’en ai un sur ma poitrine.

 

Le 31 décembre, tandis que les douze coups de minuit sonnent la fin de l’année 1820, Elizabeth se prépare à communier pour la dernière fois : Une communion encore, et puis l’Éternité ! Le 2 janvier, dans l’après-midi, les Sœurs sont réunies avec Catherine autour de leur mère. Rassemblant ses dernières forces, elle les exhorte par deux fois : Soyez enfants de l’Église ! Elles se relaient à son chevet pour lui murmurer les Psaumes qu’elle aimait tant réciter. Le 4 janvier 1821, avant l’aube, à 46 ans, dans un calme profond, Elizabeth rentre à la Maison.

 

Le 17 mars 1963, à Rome, le pape Jean XXIII béatifie Elizabeth Seton, lui demandant pour le peuple américain la grâce de garder le patrimoine sacré de l’appel à l’Évangile, la fermeté dans la foi, l’ardeur dans la charité afin que, joyeusement, il réponde à sa vocation. Qu’Elizabeth obtienne pour chacun de nous le feu de générosité et d’amour qui la poussa « de clarté en clarté » jusqu’à la présente glorification.

 

Elizabeth et Louise

Le 25 mars 1642, à Paris, sainte Louise de Marillac et les quatre premières Filles de la Charité promettaient de « faire connaître et aimer Jésus-Christ aux pauvres et aux petits. » Le 25 mars 1809, Elizabeth faisait au Seigneur un vœu identique. Comme Elizabeth, Louise était veuve et mère d’un fils dont elle devait encore assurer l’éducation. L’une et l’autre rêvaient d’avoir un fils prêtre et ne connurent de la part de leurs garçons – instables et immatures – que déboires et déceptions.

Mais ces deux fondatrices ne se sont jamais départies de leur confiance en Dieu, priant pour leurs si chers garçons, pourvu seulement qu’Il sauve leur âme, et sachant, en reprenant les mots de saint Vincent de Paul, qu’il y a de grands trésors cachés dans la sainte Providence.

 

Elizabeth et Thérèse

Un graphologue qui étudie en 1965 l’écriture d’Elizabeth y décèle des similitudes frappantes avec celle de Thérèse de Lisieux. Au plan du caractère, elle présente la même sensibilité, une réceptivité intense, un feu intérieur qui la consume et la fait vivre. Comme Thérèse, elle est volontaire, en gardant une sorte de naïveté touchante. Elles sont franches et audacieuses, mais regrettent la moindre blessure qu’elles pourraient causer aux autres. Au plan intellectuel, elles sont intelligentes et logiques, dotées d’une étonnante mémoire. Au plan physique, on détecte dans leur graphisme la même douleur constante au niveau respiratoire.

Ainsi, chez toutes deux, on retrouve le même feu, la même ardeur, la même violence de foi et le même désir d’amour, de don et de sacrifice.

 

Pensées d’Elizabeth Seton

 

« Que penserons-nous [au Ciel] des épreuves et des soucis que nous avions autrefois sur terre ? Oh ! quel rien du tout ! »

 

Sauveur béni, là où nous voyons la trace de tes pas, nous ne pouvons pas nous plaindre.

 

Pour en savoir plus :

Lire : Elizabeth Seton, Je ne cherche que Dieu et son Église, de Marie-Dominique Poinsenet, Éd. St-Paul.

 

 

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