Le Chemin d’Hélène (3/4) – Sept petites filles

Résumé : Hélène de Chappotin est devenue Mère Marie de la Passion. Elle a fondé un ordre religieux : les Franciscaines Missionnaires de Marie. Parmi les nombreuses sœurs qui ont entendu l’appel de Dieu dans leur cœur et ont rejoint Mère Marie de la Passion, Patapon vous présente ce mois-ci sept petites filles qui vont devenir missionnaires et partir en Chine pour y annoncer l’Évangile.

Il était une fois sept petites filles qui ne se connaissaient pas. Il était une fois sept jeunes filles qui vécurent dans le même monastère. Il était une fois sept religieuses qui aimèrent le peuple de Chine, qui l’aimèrent jusqu’à en mourir. Voici l’histoire vraie des martyrs du Chansi.

Jeanne-Marie est une petite Bretonne qui grandit dans une ferme, occupée aux mille travaux des champs. Quand le jour se lève et quand le soir tombe, toute la famille se rassemble et l’on prie ensemble. La joyeuse Jeanne-Marie aime rendre service, tout le monde l’apprécie. Alors qu’elle devient une jeune fille douce et très sensible, sa mère meurt. Jeanne-Marie devient alors servante dans une ferme voisine pour gagner le pain de ses frères et sœurs. Un jour, elle parle à sa sœur Monic (Monique en breton) de son désir de devenir missionnaire chez les Sœurs de Saint-Brieuc. Monic se fâche, il faut s’occuper des petits et du pauvre papa qui se remet mal de son chagrin :
-  Jamais tu n’iras ! Jeanne-Marie laisse passer l’orage. Et le 17 mars 1887, timide et décidée, elle entre chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, devenant Sœur Marie de Sainte-Nathalie.

Anne-Françoise est la dernière fille de Julien Moreau, un fermier breton. Silencieuse, un peu trop sérieuse, elle préfère garder les moutons toute seule ou travailler à la maison auprès de sa mère plutôt que de jouer avec des camarades de son âge. Souvent, elle va à l’église pour décorer l’autel de la Vierge Marie. Dans son cœur, elle lui raconte ses chagrins et ses joies. Quand son père meurt, elle prend courageusement sa place, ramassant le fourrage ou trayant les vaches. Parfois, on la surprend en train de rêver. À quoi pense-t-elle ? Elle voudrait confier la ferme à sa sœur Eugénie et rejoindre les sœurs en robe blanche qui vivent à Saint-Brieuc. Elle hésite longtemps à en parler à sa mère. Quand elle se décide, la réponse est non :
-  Que ferais-je sans toi ? Tu ne partiras pas ! Les années passent et sa maman ne change pas d’avis. Anne-Françoise a vingt-trois ans. Un jour, elle arrange les affaires de la ferme, demande à Eugénie de prendre leur mère chez elle. De bon matin, le cœur gros et l’âme légère, elle s’en va, sans rien dire, pour faire la volonté de Dieu et entre chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, devenant Sœur Marie de Saint-Just.

Irma Grivot qui naît à Beaune le 28 avril 1866 va connaître une enfance bien différente. Son père, tonnelier, ne gagne pas assez pour élever ses trois enfants. On ne parle jamais de Dieu dans cette famille. La mère est souvent triste et Irma tente de la consoler :
-  Irma sera bien sage pour te faire plaisir, ne pleure plus. Elle parvient à la faire sourire. Hélas ! Affaiblie, épuisée, madame Grivot meurt en laissant trois orphelins. Le père se remarie, mais sa belle-mère déteste Irma :
-  Cette Irma n’est bonne à rien, répète-t-elle sans cesse. À l’école primaire, Irma se fait une amie, Alice. Comme celle-ci va au catéchisme, Irma s’y rend avec elle. Quel émerveillement dans ce cœur d’enfant qui découvre l’amour de Dieu ! Maintenant, elle peut tout supporter avec joie, puisque Jésus est avec elle. Elle fait sa première communion à douze ans. Bonne élève, elle continue ses études jusqu’au brevet et commence à donner des leçons. Un jour, elle fait la connaissance des Franciscaines Missionnaires de Marie et tout s’éclaire : elle veut être missionnaire. Quand elle en parle chez elle, quelle tempête ! Plus tard, son père comprendra. Mais maintenant, comme les choses sont difficiles ! Irma espère que le temps calmera ses parents, mais rien n’y fait. Alors, Irma leur dit au revoir et part à l’autre bout de la France pour entrer chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, devenant Mère Marie-Hermine.

Pauline, petite fille de Belgique, a perdu sa maman qui est morte en laissant un garçon et six filles. Une voisine a pris chez elle Pauline et sa sœur. Elles vont à l’école des Ursulines et se préparent à faire leur première communion. Un jour, en revenant du catéchisme, Pauline dit à sa sœur :
-  Ce n’est pas si difficile que cela, d’être saint.
-  Tu crois ?, répond Rosalie. Les saints étaient tous riches et savants ! Elles sauront plus tard que bien des saints ont été pauvres. Puis Rosalie quitte Pauline pour entrer chez les Franciscaines Missionnaires de Marie. Celle-ci rejoint alors son aînée chez les Sœurs de la Charité. La Supérieure voudrait bien garder cette jeune fille qui aide aussi bien qu’elle prie, mais Pauline veut devenir missionnaire. Le cœur ardent et plein de joie, elle entre au noviciat d’Anvers, en juillet 1895, chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, devenant Sœur Marie-Amandine.

Clélia est Italienne, vénitienne plus exactement. Elle vient au monde le 9 janvier 1872 dans une famille où elle est comblée de tendresse. Trop gâtée, la petite fille se montre capricieuse et colérique. Son grand frère, qui veut être prêtre, lui reproche de faire de la peine au Bon Dieu et à ceux qu’elle aime. Peu à peu, surtout après sa première communion, Clélia devient obéissante, raisonnable et pieuse. Son frère, entré chez les Franciscains, est parti pour la Chine. Depuis son départ, les bals font pleurer Clélia.
-  Tu es ridicule, gronde sa mère. Que vont dire nos amis ? Comment expliquer à ses parents que la vie avec ses plaisirs et ses fêtes ne l’intéresse pas ? Elle pense aux pauvres, aux gens qui ne connaissent pas Dieu, et elle rêve de leur apporter la vérité de l’Évangile qui la rend si heureuse. Quand elle annonce son projet, sa famille se met à rire :
-  Clélia, religieuse ? Elle est trop gaie ! Cela lui passera ! Mais elle tient bon car, à l’autre bout du monde, son frère prie pour elle. Alors, les parents finissent par dire oui à Dieu ; ils lui ont donné leur fils, ils lui donnent aussi leur fille : Clélia entre chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, devenant Sœur Maria-Chiara.

Marianna est Italienne aussi, mais ce ne sont pas les rires et les chants de ce beau pays qui ont bercé sa naissance : son père est dur, violent, toujours en colère parce qu’il gagne peu en faisant un travail qui lui déplaît. S’épuisant dans des travaux de couture, la maman est triste et fatiguée. Ses trois enfants n’arrivent même pas à l’égayer un peu, elle est si lasse ! Elle meurt quand Marianna a dix ans. Leur tante veut bien se charger des deux petits, mais que faire de Marianna ? Un père Franciscain, ami de la famille, va trouver Mère Marie de la Passion qui a fondé, huit ans auparavant, les Franciscaines Missionnaires de Marie. Celle-ci ouvre alors à la petite orpheline sa maison et son cœur. La fillette va grandir au milieu des religieuses, près de « Maman Passion », comme elle l’appelle. Dans ce lieu où elle est si heureuse, Marianna pense souvent à sa maman dont la vie a été bien triste. Elle apprend tout ce dont elle a besoin pour devenir missionnaire : le français, l’anglais, le piano, le ménage, la cuisine et la peinture. Quand elle a dix-sept ans, Mère Marie de la Passion la reçoit au noviciat. Elle devient à son tour une Franciscaine Missionnaire de Marie, sous le nom de Marie de la Paix.

Catherine, la septième petite fille, est Hollandaise. Quand sa mère meurt, les gens du village décident d’accueillir chacun l’un des six orphelins. Le couple d’ouvriers modestes qui recueillent Catherine la traitent comme leurs propres enfants : ils vont ensemble à l’école, au catéchisme et Catherine entraîne tout le monde dans ses jeux. Pourtant, en grandissant, elle comprend que sa présence est un problème pour ces pauvres gens. Elle décide de les aider autant qu’elle le pourra. Elle trouve un petit travail, après l’école, à l’usine du bourg. Première levée, dernière couchée, elle rend tous les services possibles. Souvent, elle va confier ses soucis à la Vierge Marie. Son amour pour Dieu devient de plus en plus profond. Elle rêve de lui donner sa vie et entre au printemps 1893 chez les Franciscaines Missionnaires de Marie, devenant Sœur Marie-Adolphine.

Dieu va réunir ces sept religieuses pour les couronner de gloire.

(A suivre)

Episode 4 : La couronne rouge

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