– LE MOT DU LUNDI – Trouver sa place, avec le saint Curé d’Ars

Nous fêterons le 4 août saint Jean-Marie Vianney, le célèbre Curé d’Ars, dont on connaît l’esprit de pauvreté – ses confrères prêtres n’aimaient guère être invités chez lui pour manger des pommes de terre pourries et des croûtes de pain moisies, tant il se souciait peu de ce qu’il y avait dans son assiette – et l’extraordinaire rayonnement : les foules faisaient la queue jour et nuit à la porte de l’église pour le voir célébrer la messe ou pour se confesser à lui. Pourtant, il souffrait du complexe de l’imposteur. Il ne se reconnaissait pas dans cette célébrité. Humble et petit, il avait l’impression d’usurper cette place de prédicateur brillant, de confesseur exceptionnel qu’on lui reconnaissait. Aujourd’hui, que peut-il nous dire pour nousaider à trouver notre place ?

D’abord, que nous nous sentions appelés

Jean-Marie, né en 1786, a grandi sous la Révolution. À onze ans, il ne s’était encore jamais confessé quand il rencontra l’abbé Groboz, un missionnaire pourchassé qui s’était caché pour quelques jours dans la famille Vianney. Cette première confession le marqua tellement qu’il ressentit le désir de devenir prêtre pour annoncer aux gens, et surtout aux grands pécheurs, la miséricorde de Dieu. Sa vocation était née. Commença alors un dur chemin, celui des études. Jean-Marie n’était pas doué pour apprendre, notamment le latin, il était même « d’une nullité décourageante » comme le lui dit son supérieur de Lyon en le renvoyant du séminaire. Alors qu’il s’apprêtait à renoncer sous le poids du désespoir, une voix résonna aux oreilles de son cœur : « Tu seras prêtre. » Jean-Marie s’accrocha et, avec l’aide de son vieux curé qui l’avait pris sous sa protection, il parvint à passer les examens et à être ordonné prêtre le 13 août 1815.

Ensuite, que nous nous laissions envoyer

En 1818, l’abbé Vianney est envoyé comme chapelain dans un petit village de l’Ain, Ars. Cette commune de 230 habitants n’est même pas une paroisse à part entière. Le vicaire général de Lyon lui confie cette mission en lui disant : « Il n’y a pas beaucoup d’amour du Bon Dieu dans cette ancienne paroisse. Vous en mettrez. » Le « petit Curé » comme on l’appelle affectueusement se met au travail. Il embellit l’église, insiste sur la nécessité des sacrements, se fait proche des habitants qu’il visite dans les champs et dans leurs fermes. Il dort très peu, mange encore moins, tout son temps est donné pour Dieu et pour ses paroissiens. Ceux-ci, peu à peu, se laissent toucher et reviennent à l’église. Puis, à partir de 1830, ce sont des foules de plus en plus nombreuses qui viennent à Ars, attirées par sa réputation de sainteté. L’année de sa mort, ce furent 80 000 personnes qui vinrent à Ars chercher, auprès de l’humble curé de campagne, la révélation de l’amour infini de Dieu.

Enfin, que nous acceptions de durer

« Laissez-moi partir ! » suppliait-il en pleurant. Plus les gens l’adulaient comme un saint, plus il sombrait dans l’abattement car il se croyait destiné à l’enfer. « Ma tentation, disait-il, c’est le désespoir. » Il pensait que si ses fidèles le voyaient tel qu’il était, ils se détourneraient aussitôt de lui. Il se croyait indigne de la confiance de ses supérieurs et incapable d’accomplir la mission qui lui était confiée. À plusieurs reprises, il tenta de s’enfuir à la faveur de la nuit, mais il y avait toujours quelqu’un pour le reconnaître et le ramener au presbytère. En août 1859, quand il tomba malade d’épuisement, tout le village se mit à prier pour sa guérison. Il faisait chaud et lourd, et le malade souffrait terriblement. Les villageois eurent l’idée, pour le rafraîchir, d’envelopper le presbytère dans de grands draps et de les mouiller avec des seaux d’eau ; tous les hommes faisaient la chaîne et se relayaient comme pour un incendie. Le 4 août, il bénit depuis son lit tous ceux qui se trouvaient dehors, puis s’échappa paisiblement dans la mort.

Demandons-lui de nous aider à trouver notre place dans ce monde et dans l’Église comme Jean-Marie Vianney a trouvé la sienne : le jeune homme renvoyé du séminaire en 1813 a été proclamé en 1929 « le saint patron de tous les curés de l’univers ».

Pour écouter cet article : Trouver sa place avec le saint Curé d’Ars

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du vendredi 5 août 2022

** Pour aller plus loin : Odile Haumonté, Le chemin du Ciel, Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, collection « Les Sentinelles » n° 24, Pierre Téqui éditeur.

– LE MOT DU LUNDI – Mon âme se repose en paix

Voici venu l’été, le joli temps des vacances. Pour certains, il signifie la solitude parce que leurs voisins et amis sont partis en vacances, ou parce que les activités habituelles des paroisses et des associations sont suspendues jusqu’à la rentrée. Pour d’autres, il représente des contraintes professionnelles qui s’exercent dans des conditions rendues plus difficiles par la chaleur, par l’afflux de vacanciers, par la présence des enfants. Pour d’autres enfin, si la maison se remplit pour des retrouvailles familiales ou simplement le retour des ados pensionnaires ou étudiants, cela nécessite une organisation quotidienne faite de courses à prévoir et de repas à préparer. Combien se disent, à la fin du mois d’août : « Ouf, c’est la fin des vacances, on va pouvoir se reposer ! » Mais qu’est-ce que le repos, au fond ?

Prenons d’abord le repos du corps

Bien sûr, nous avons besoin de faire une coupure et de décompresser. Flâner dans le marché du village pour y trouver de bons produits du terroir, se remplir les yeux de beaux paysages, de ciel bleu et de verdure, découvrir un nouveau sport, tout cela est très bénéfique. Cependant, pour ne pas laisser filer le temps entre nos doigts et rentrer déçus, cela ne suffira pas. Le repos viendra de nos projets, de nos réalisations, de ce que nous aurons accompli pour marquer notre passage. Ce peut être une activité artistique, un journal de famille, un grand jeu qui se poursuit de jour en jour ; ou bien repeindre la cuisine des grands-parents, installer une balançoire dans le jardin, planter un arbre… quelque chose qui nous rendra fiers et qui nous rappellera ce bel été, année après année. Fabriquons des souvenirs heureux, des souvenirs comiques, des souvenirs émouvants que nous nous raconterons aux repas de famille comme un héritage précieux. Nous aurons peut-être des ampoules aux mains, mais nous éprouverons un sentiment de bien-être et d’accomplissement.

Voyons ensuite le repos du cœur

Si nous nous apprêtons à vivre de grandes retrouvailles familiales ou autres cousinades, nous avons sans doute une certaine appréhension à l’idée de cohabiter avec notre belle-fille, notre belle-sœur ou notre belle-mère ! Je le dis au féminin, mais il en va de même bien sûr pour un insupportable neveu ou un grand-oncle grincheux… Bref, nous les adorons, mais passer une semaine avec eux n’est jamais de tout repos et nous savons que la tension peut monter jusqu’à l’affrontement dont on ne sort pas indemne. Alors ? Faut-il serrer les dents et afficher un sourire de façade en se disant : « Plus que quatre jours » ? Et si nous mesurions la chance que nous avons d’appartenir à une famille, même si elle est imparfaite ? De recevoir des amis, même s’ils sont bruyants ou bavards ? D’accueillir nos petits-enfants, même s’ils nous font parfois tourner en bourrique ? C’est en profitant de ceux que nous aimons que nous nous reposerons vraiment ; c’est en goûtant leur présence, leur amitié, leur amour que nous referons nos forces, nos réserves de joie et de sérénité.

Et qu’en est-il enfin du repos de l’âme ?

Durant cet été, nous laisserons-nous conduire par l’Esprit Saint « sur des prés d’herbe fraîche pour y refaire notre âme », comme nous dit le Psaume 22, le psaume du Bon Berger ? Refaire notre âme, c’est ce dont nous avons le plus besoin ! Invitons Dieu dans nos vacances, peut-être d’une façon différente du reste de l’année. Si nous n’avons jamais récité le chapelet devant un beau paysage, nous pouvons tenter l’expérience. Si nous ne sommes pas familiers de la Liturgie des Heures, pourquoi ne pas réciter les laudes dans une petite chapelle de campagne, alors que tout le monde dort encore ? Si nous résidons à proximité d’un sanctuaire ou si nous avons simplement repéré un beau calvaire à l’orée de la forêt, nous pouvons lancer l’idée d’un pèlerinage en famille. Ne serait-ce pas l’occasion de nous confier les uns aux autres nos intentions de prière, ce qui nous tracasse, ce qui nous réjouit, nos espérances et nos projets pour la rentrée ? En devenant dans la prière des intercesseurs pour nos proches, nous goûterons le vrai repos, celui du disciple bien-aimé qui repose sur le cœur de son Seigneur.

Bel été, chers auditeurs, et que la paix du corps, du cœur et de l’âme soit au rendez-vous de vos vacances !

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du vendredi 8 juillet 2022

Crédits photo © Steve Bidmead-Pixabay

– LE MOT DU LUNDI – Une Église de communion

Nous fêterons ce mercredi 29 juin la solennité des saints apôtres Pierre et Paul, et j’ai eu une distraction en lisant les textes de la Liturgie des Heures : je me suis demandé comme ils auraient pris, de leur vivant, la nouvelle qu’ils allaient être fêtés ensemble jusqu’à la fin des temps.

J’aime le fait qu’il y ait eu des tensions entre Pierre et Paul, qu’ils se soient montrés tellement différents l’un de l’autre et qu’ils soient pourtant « les deux piliers de l’Église », comme on les appelle. Pierre était un simple pécheur de Galilée, Paul un pharisien lettré qui avait étudié les Écritures dans l’une des meilleures écoles de Jérusalem ; Pierre annonçait l’Évangile aux juifs, Paul s’est tourné vers les païens ; Pierre a vaincu son caractère emporté et sa volonté propre, Paul est resté jusqu’au bout « tout feu tout flamme ». Ce sont ces deux hommes, différents et complémentaires, qui ont bâti l’Église des premières années sur des fondations si solides qu’elles tiennent encore, deux millénaires plus tard. Quel enseignement pouvons-nous en tirer ? J’y vois une vérité fondamentale : nos différences sont une richesse !

Trop souvent, en couple ou en paroisse, nous sommes effrayés de constater qu’il y a entre nous des divergences de point de vue, de besoin et même de désir. Nous avons en tête que «toute ville ou maison divisée contre elle-même sera incapable de tenir», comme nous le dit Jésus en Matthieu 12, 25. Mais toute discussion n’est pas division !

Quand Pierre et Paul s’affrontent violemment sur les règles de base à imposer aux nouveaux convertis, comment se comportent-ils ? Paul nous l’explique, au début du chapitre 2 de sa lettre aux Galates, en trois points :

Premier point : « Ayant reconnu la grâce qui m’a été donnée »

Reconnaissons-nous la grâce qui repose sur notre conjoint, sur notre curé, sur le responsable de tel ou tel ministère ? Et nous, de notre côté, expliquons-nous suffisamment à notre entourage pourquoi nous avons décidé d’agir de telle manière ou de nous charger de telle mission ? Il y a tant à faire dans l’Église qu’il y a de la place pour tout le monde ! Quand nous lorgnons une place bien précise, nous ne voyons pas l’immense vide tout autour de nous où nous pourrions trouver notre juste place.

Deuxième point : « ils nous ont tendu la main »

Tendre la main, c’est faire un pas vers l’autre, c’est parcourir une partie du chemin plutôt que de tourner les talons dans le découragement ou de tourner le dos dans la bouderie. Et prendre la main que l’autre nous tend, c’est reconnaître que nous sommes tous en chemin. Celui qui campe sur ses positions s’est installé dans ses certitudes et n’entend plus bouger. Au contraire, celui qui tend la main ou qui reçoit la main tendue vers lui accepte de se mettre ou de se remettre en route.

Troisième point : « en signe de communion »

Cherchons-nous à faire grandir la communion ou à avoir raison ? Dans notre couple, notre famille, notre paroisse, quel est le témoignage le plus important que nous puissions donner, sinon celui de la communion ? « Que tous soient un, prie Jésus, qu’ils soient un afin que le monde croie. » (Jean 17, 21) Il ne s’agit plus de savoir si nous sommes de l’équipe de Pierre ou de la spiritualité de Paul, il s’agit de changer le monde ! Nous le savons bien, quand nous voyons un couple qui communique avec tendresse, une paroisse où tout le monde se salue avec de grands sourires, nous sommes attirés, nous avons envie de nous rapprocher d’eux. Demandons à saint Pierre et saint Paul, fêtés ensemble par l’Église, de nous aider à être, comme eux, malgré nos différences, des artisans de communion.

Pour écouter cet article : Une Église de communion, saint Pierre et saint Paul

* À écouter également en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du jeudi 30 juin 2022

** Pour aller plus loin : Odile Haumonté, Saint Paul, l’ambassadeur enchaîné, Téqui.

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– LE MOT DU LUNDI – Esprit Saint, Esprit de tendresse

Dans cette octave de la grande fête de la Pentecôte, profitons encore un peu de l’Esprit Saint qui nous est donné car ensuite, durant le reste de l’année, nous avons tendance à le laisser de côté.

Durant la messe de la Pentecôte, nous avons chanté la séquence Veni sancte spiritus et j’aimerais revenir sur trois versets de cette hymne, qui constituent la strophe 4 :

Premier verset :

Dans le labeur, [tu es] le repos

Nous sommes fatigués. Notre vie quotidienne est une course après le temps, que ce soit pour notre travail, pour nos loisirs ou pour notre famille. J’ai le cœur qui se serre quand je promène mon chien le soir dans le quartier et que je vois ces petits bouts de chou que leur maman ramène à la maison dans leur poussette, à moitié endormis, mais pas encore couchés. Je sais qu’elle ne peut pas faire autrement, mais je réalise que c’est l’organisation de notre société tout entière qui ne lui permet pas de faire autrement. L’Esprit Saint nous invite à lever le pied, à réfléchir à nos priorités ; il nous procure le vrai repos qui est celui d’une âme sans angoisse, d’un cœur sans souci et d’un corps sans stress. L’Esprit Saint nous accompagne de sa force dans tout ce que nous vivons, il sait que nous avons besoin de travailler pour subvenir aux besoins de ceux que nous aimons, mais aussi aux besoins de l’Église, des pauvres, des organisations caritatives. Cependant, il nous rappelle discrètement que, si nous avons de multiples occupations, il n’existe qu’un véritable labeur : faire advenir le Royaume de Dieu au milieu du monde. De tout ce que nous entreprenons, il ne restera rien – ou pas grand-chose –, mais ce que nous avons fait au service de l’annonce de l’Évangile restera.

Deuxième verset :

Dans la fièvre, [tu es] la fraîcheur

Ces mots évoquent pour moi la main d’une maman sur le front de son enfant malade. Ce simple geste, par l’intérêt qu’il exprime, par la compassion qu’il apporte, est déjà un apaisement. Nous sommes souvent pris de fièvre : nous avons l’envie soudaine d’acheter telle ou telle chose, nous sommes saisis d’angoisse en pensant à telle ou telle situation, nous avons l’impression d’avoir échoué dans un domaine de notre vie, par rapport à notre couple ou dans l’éducation de nos enfants, par exemple, ou bien de nous être trompés dans nos choix, d’avoir manqué notre vocation. Dans ces moments de doute, de colère, de tristesse, le Saint-Esprit descend dans nos cœurs pour nous soutenir et nous relever. Il ouvre nos yeux pour que nous puissions voir tout ce qu’il y a de bon et de beau dans notre vie, dans notre famille, dans ce que nous avons construit en nous et autour de nous. Il nous ouvre à l’action de grâce, à ce « merci » à la vie qui nous permet de relire toute notre existence sous le regard de Dieu.

Troisième verset :

Dans les pleurs, [tu es] le réconfort

Ce verset me fait penser à cette promesse du livre de l’Apocalypse : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » (Ap 21, 4). Nous avons le droit de pleurer, de nous sentir faibles, pauvres, petits, de regretter ce qui n’est pas ou ce qui n’est plus. Puis vient le moment de laisser la main de Dieu sécher nos pleurs et de permettre à l’amour de Dieu de ramener doucement la joie au fond de nous.

Accueillons le Saint-Esprit comme le Consolateur, le Défenseur qui se tient sans cesse à nos côtés pour nous soutenir et nous guider. Viens, Esprit Saint, et donne-nous la joie éternelle. Amen !

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », à partir du vendredi 10 juin 2022

** Pour aller plus loin : Odile Haumonté, Au quotidien avec l’Esprit Saint, EdB.

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– LE MOT DU LUNDI – L’art de dire bonjour

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Chers internautes, bonjour !

Bonjour… voilà un petit mot que nous prononçons toute la journée. Il est le même pour nos proches, pour nos voisins, pour la boulangère, pour notre banquier, pour un passant croisé dans la rue.

Bonjour… cela m’évoque une scène d’anthologie dans le film Itinéraire d’un enfant gâté, de Claude Lelouch, où l’on voit Jean-Paul Belmondo qui enseigne au jeune Richard Anconina l’art de bien dire bonjour : « Non ! Là, tu as l’air de me dire au revoir ! Dis-moi vraiment bonjour ! »

Nous donnons certainement à nos enfants les trois conseils suivants pour bien dire bonjour, mais les mettons-nous toujours en pratique ? Nous pouvons d’ailleurs appliquer ces trois conseils à l’église quand nous échangeons la paix du Christ !

Premier conseil : regarder la personne dans les yeux.

Il n’y a rien de plus agaçant que quelqu’un qui vous dit bonjour sans vous regarder, comme s’il était déjà passé à autre chose. Montrons à notre interlocuteur que nous sommes vraiment là pour lui, manifestons-lui de l’intérêt.

Deuxième conseil : tendre une main ferme.

Comme le recul de la pandémie nous permet de retrouver ce geste de la poignée de mains, reprenons conscience de ce que nous faisons. À l’origine, ce geste servait à montrer que l’on était désarmé, que l’on ne cachait pas une arme dans sa manche ou sa poche. En tendant la main au niveau du cœur, on se donne, on se livre à l’autre.

Troisième conseil : parler distinctement et appeler la personne par son nom ou au moins par un « monsieur » ou « madame ».

Aujourd’hui, on n’entend plus dire : « Bonjour, docteur ! » ou « Bonjour, mon Père ! », c’est pour tout le monde pareil, un simple « bonjour » qui nous évite finalement de réfléchir ; on n’a pas besoin de retenir son prénom, on n’a pas besoin de savoir ce qu’il ou elle fait, un simple « bonjour » suffit. Pourtant, quelle différence entre un ado qui marmonne un vague « b’jour » et un jeune qui prononce clairement : « Bonjour, Madame ! » Que vous soyez enseignante, directrice des ressources humaines ou examinatrice au permis de conduire, c’est vers le deuxième que votre sympathie ira spontanément, dans un a priori favorable.

Bonjour… c’est le commencement de toute relation humaine, de tout échange social, c’est le premier contact et c’est sur lui que se basera la première impression. Par la suite, heureusement, cette opinion pourra changer. Une personne timide au premier abord se révèlera pleine de charme alors qu’un beau parleur pourra paraître décevant quand on voudra creuser un peu.

Demain, le 31 mai, nous ferons mémoire du plus beau « bonjour » de l’histoire de l’humanité : la Visitation. Marie est tellement remplie de la présence de l’Esprit Saint qui habite son cœur et de la présence de Jésus qui habite son corps que lorsqu’elle salue sa cousine Élisabeth, celle-ci est tout inondée de cette onction divine. Nous aussi, si nous le voulons, nous pouvons être des porteurs de Dieu, des porteurs de lumière et de joie dans chacune de nos rencontres.

Je laisse le mot de la fin à Jean-Paul Belmondo dans le film déjà cité : « Dire bonjour, c’est la chose la plus importante dans la vie. Si tu dis bien bonjour, tu as fait la moitié du chemin. » Comme Marie, partons en hâte à la rencontre des autres et faisons en sorte que notre « bonjour » nous fasse parcourir déjà la moitié du chemin.

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », mardi 10 mai 2022

– LE MOT DU LUNDI – Des foules de futurs baptisés

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Le week-end du 1er au 3 avril, alors que les Nancéiens retrouvaient enfin le chemin de la Foire avec ses manèges à sensations et ses odeurs de barbapapa, je me trouvais au Printemps du Livre de Montaigu, près de Nantes, l’équivalent vendéen de notre Livre sur la Place.

Derrière mon petit stand de livres religieux, je regardais les files d’attente qui grandissaient et s’allongeaient sur toute la longueur du chapiteau devant Anthony Delon, Anny Duperey ou Mireille Dumas venus dédicacer leurs derniers ouvrages.

En les regardant, je me disais : imaginons un renversement complet des valeurs, dans un autre lieu ou dans une autre époque. On aurait pu alors entendre ce dialogue :

« Vous avez lu le dernier livre sorti sur Charles de Foucauld ? »

« Charles de Foucauld, mais non ?!? »

« Si, si, je vous assure, je l’ai tout de suite réservé ! »

« En revanche, moi j’ai pu avoir le dernier livre du pape François ! »

« Oh vous avez de la chance ! Je l’attends depuis 3 semaines, je guette le facteur tous les jours ! »

« Et la ruée sur les chapelets, vous avez vu ça ? »

« Mais oui ! Tous ces jeunes qui ont passé la nuit sur place et malheureusement, il n’y en a pas eu pour tout le monde ! »

Chers internautes, que faudrait-il pour que ce dialogue devienne réalité ? Pour que nos contemporains s’arrachent la vie des saints, pour que les livres de prière circulent entre toutes les mains, pour que nos églises soient prises d’assaut par des personnes assoiffées d’entendre une parole de vérité, de réconciliation et de paix ? Puisque cela ne dépend que de nous, que pouvons-nous mettre en place pour devenir des ambassadeurs de l’Évangile qui attireront des foules de futurs baptisés ?

Peut-être trois choses :

Premièrement, que l’on puisse dire de nous : « Voyez comme ils s’aiment », selon le mot de Tertullien à l’époque des premiers chrétiens.

Essayons d’être attentifs aux autres, accueillants, bienveillants. Évitons les critiques, fuyons la médisance ! Construisons des relations véritablement fraternelles en voyant dans chaque homme, chaque femme, chaque enfant, un frère ou une sœur, et le visage du Christ.

Deuxièmement, que nous soyons des porteurs de sens.

Nous sommes remplis d’une Espérance qui donne un sens à tout ce que nous vivons, à tout ce que nous traversons, et nos contemporains ont besoin de cette Espérance, de ce sens qui consiste à savoir d’où nous venons : nous venons du Cœur de Dieu, et où nous allons : nous allons vers l’Amour de Dieu, vers sa Miséricorde, vers la Joie sans fin qu’il veut nous donner.

Troisièmement, que nous soyons des témoins de la Résurrection.

Alors que notre Chemin de Carême touche à sa fin avec la fête des Rameaux et l’entrée dans la Semaine sainte, comment allons-nous vivre la fête de Pâques ? Saurons-nous accueillir comme une nouveauté la bonne nouvelle de la Résurrection ? Saurons-nous être des témoins de vie, de joie et de lumière qui s’émerveillent du don de Dieu ?

C’est de cette façon que nous pourrons donner envie à ceux qui nous côtoient de découvrir à leur tour le bonheur d’être croyant.

Pour finir, savez-vous ce que je me suis dit au Printemps du Livre de Montaigu, devant ces milliers de livres et de visiteurs ? Je me suis dit que la Bible reste le livre le plus vendu au monde !

* À écouter en podcast sur RCF Lorraine Nancy, émission « Un regard chrétien sur le monde », vendredi 8 avril 2022

– LE MOT DU LUNDI – Vivre le Carême avec saint Joseph

Illustration de Laure Th. Chanal

Alors que nous venons de fêter saint Joseph, j’ai envie de faire un petit bilan de l’année que le pape François a consacrée à saint Joseph. Avons-nous mieux découvert saint Joseph et avons-nous eu envie de le prier davantage ? Je suis sûre que oui. À mon petit niveau, grâce à mon livre Joseph, le secret du juste, j’ai été invitée à de nombreuses émissions et même à donner une conférence à La Rochelle. Cependant, la fin de cette année riche en grâces de toutes sortes ne signifie pas que nous devons abandonner saint Joseph et, encore moins, qu’il va nous abandonner.

Il peut au contraire nous aider à vivre ce Carême 2022 à trois niveaux :

Premier niveau : Joseph est le protecteur des familles

À cause du recensement obligatoire ordonné par les Romains, Joseph a dû quitter tout ce qu’il possédait à Nazareth, son métier, sa maison, ses amis, tout ce qu’il avait préparé pour la naissance de Jésus. Il sait ce que c’est que de manquer de tout – un toit, la sécurité, la nourriture, les vêtements, les fournitures scolaires, les loisirs… –, de s’inquiéter du lendemain, il connaît l’humiliation de ne pas parvenir, en tout cas dans un premier temps, à subvenir aux besoins de sa famille. Pensons à ces familles, surtout des femmes et des enfants pendant que les hommes sont au front, qui fuient l’Ukraine et qui se retrouvent démunies de tout. Demandons à Joseph, parce qu’il a vécu cela, de répandre sa protection sur tous les pères et mères de famille qui souffrent de ne pas pouvoir offrir à leurs enfants la sécurité et le confort dont toute famille a besoin.

Deuxième niveau : Joseph est l’homme du silence

Nous vivons dans un monde de bruit incessant où le silence doit être combattu. Regardons les jeunes autour de nous : dès qu’ils ont une minute de battement, dans les transports en commun ou dans une file d’attente, ils mettent leur casque et écoutent de la musique ou regardent des vidéos en ligne. Or, le Carême est le temps où nous partons spirituellement dans le désert, lieu de la solitude et du silence. Joseph, qui s’est mis à l’école de Jésus, qui a été le premier disciple de Jésus avec Marie, nous apprend à construire une relation avec Dieu qui commence par le silence, par la contemplation. Il nous faut faire taire les bruits du monde en nous mettant avec Joseph à l’école de Jésus, en relisant ses paroles, en l’écoutant dans le silence de nos cœurs.

Troisième niveau : Joseph nous protège de l’angoisse

Les Évangiles nous rapportent trois épisodes où Joseph a connu une grande angoisse : quand il a découvert que Marie était enceinte ; quand il a dû fuir en Égypte parce que le roi Hérode voulait faire tuer l’enfant Jésus ; quand il a cherché pendant trois jours Jésus âgé de douze ans avant de le retrouver dans le Temple. Quand notre esprit est rempli d’idées noires et de frayeurs, invoquons saint Joseph qui a protégé la Sainte Famille et l’a conduite en lieu sûr. Joseph, par sa présence forte et paternelle, nous rappelle que nous ne sommes pas seuls et que Dieu veille sur nous.

Avec saint Joseph, continuons dans la confiance et dans la joie notre chemin de Carême, car nous savons que nous avançons vers la Vie.

Pour aller plus loin :

* Joseph, le secret du juste, roman, EdB, 2018.

** À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », mardi 22 mars 2022

*** Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de saint Joseph.

– LE MOT DU LUNDI – La sagesse des dirigeants

Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de la colombe de la Paix.

Après deux Carêmes de pandémie, nous voici entrés dans un Carême de guerre. Nous nous sentons écrasés : quand pourrons-nous nous poser et reprendre souffle ? J’avais imaginé que, dans l’ambiance de fatigue et de lourdeur de ce début d’année, le Carême ouvrirait une parenthèse rafraîchissante où nous partirions en Église, d’un seul élan, « sur des prés d’herbe fraîche pour y refaire notre âme », comme nous le fait miroiter le Psaume 22 sous la houlette du Bon Berger.

La guerre est à nos portes en Ukraine, mais nous réalisons aussi qu’il n’y a jamais eu autant de pays en guerre dans le monde : le Mexique, la Colombie, le Nigeria, l’Éthiopie, le Soudan, l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, la République Démocratique du Congo, la Birmanie, Israël, la Palestine, le Liban, l’Inde… et j’en oublie.

Le premier tour de l’élection présentielle en France tombe le dimanche des Rameaux et de la Passion, et le deuxième tour pour la fête de la Divine Miséricorde. Cela nous incite à crier vers Dieu : « SOS, troupeau de brebis cherche bon berger qui ne soit pas un mercenaire fuyant dès que le loup montre ses crocs. »

La prière du roi Salomon pour obtenir la sagesse, que nous pouvons lire dans la Bible au chapitre 9 du Livre de la Sagesse, nous donne trois pistes de réflexion sur les qualités du dirigeant idéal.

Première qualité : l’esprit de service

Salomon pria ainsi : « Je suis ton serviteur, le fils de ta servante ». Le dirigeant idéal garde un esprit de service : il ne défend pas ses intérêts propres, il n’agit pas pour son propre bien, mais pour le bien de ceux qui lui sont confiés, que ce soit en famille, dans l’entreprise ou au niveau de l’État. Il ne cherchera pas la reconnaissance à tout prix ; parfois même, il se rendra impopulaire, comme un père qui gronde son enfant pour le remettre dans le droit chemin. Il se montrera fier et heureux de tout ce qui se fait de bon et de beau autour de lui.

Deuxième qualité : les valeurs

Salomon pria ainsi : « Tu m’as ordonné de bâtir un temple sur Ta montagne sainte ». Le dirigeant idéal ne s’appuie pas sur des opinions ou des sentiments, mais sur une base de solides valeurs morales et, encore mieux, spirituelles, s’accordant aux dix commandements, dans le respect de la justice et du droit.

Troisième qualité : la vision

Salomon pria ainsi : « Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre […] et ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? » Le dirigeant idéal voit plus loin, plus haut que lui. Il accepte le passé qui constitue l’histoire du pays à la tête duquel il a été placé, et il prépare l’avenir. Il sait vers quel but il veut conduire ceux qui lui sont confiés et il sait par quel chemin il faut passer.

Est-ce que ce portrait du dirigeant idéal est totalement utopique ? Il est difficile à atteindre, c’est vrai, mais nous pouvons prier pour que notre futur président et les dirigeants du monde entier s’en approchent le plus possible.

Redisons souvent ce passage sur les responsables des pouvoirs publics, dans la grande prière d’intercession du Vendredi saint : « Dieu éternel et tout-puissant, le cœur humain et les droits des peuples sont dans ta main ; regarde avec bienveillance ceux qui exercent le pouvoir sur nous ; que, par ta grâce, s’affermissent pour tous, partout sur la terre, la sécurité et la paix, la prospérité des nations et la liberté religieuse. Amen. »

* À écouter en podcast sur RCF Nancy Lorraine, émission « Un regard chrétien sur le monde », lundi 7 mars 2022

** Merci à Laure Th. Chanal de m’avoir permis d’utiliser son illustration « La colombe de la Paix ».

– LE MOT DU LUNDI – Lourdes, la pédagogie d’une Mère

Illiustration de © Laure Th. Chanal

Avec la fête de Notre-Dame de Lourdes le 11 février et la Sainte-Bernadette le 18 février, j’ai eu envie de réfléchir avec vous, chers amis internautes, sur la pédagogie de Marie à travers ses apparitions.

On recense des centaines d’apparitions de Marie dans le monde entier, mais l’Église dans sa prudence n’en retient actuellement que 18. Bien sûr, cela ne veut pas dire que les autres apparitions sont trompeuses ou mensongères ! De toute façon, ne soyons pas inquiets : là où Marie est priée avec foi, il y a forcément des fruits de conversion.

Mais pourquoi Marie est-elle venue nous parler à toutes les époques de l’Histoire alors qu’elle a si peu parlé dans les Évangiles ?

Si je prends pour exemple les apparitions de Lourdes, je peux en tirer trois points de réflexion.

Premier point : Marie nous rappelle le respect dû à chaque personne

En 1858, la petite Bernadette Soubirous est considérée avec mépris ou, au mieux, avec pitié. Elle vit avec sa famille dans un lieu appelé le Cachot, une ancienne prison transformée en un logement sombre et insalubre. Son père, un ancien meunier, a été acquitté d’une accusation de vol, mais à cause de cela, il ne trouve plus de travail. À 14 ans, Bernadette en fait à peine 10, elle est asthmatique, et, n’allant pas à l’école, elle ne sait ni lire ni écrire.

C’est cette pauvre fillette que Marie va choisir pour être la messagère de la plus importante de ses apparitions. Bernadette ne connaît que quelques mots de français ; or, Marie va lui parler en patois. Elle nous montre l’importance de nous adresser aux personnes avec un langage et une façon de parler qu’elles puissent comprendre, pour mieux les rejoindre. Dans la troisième apparition, Marie parle pour la première fois et elle le fait avec délicatesse et respect : « Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » Elle nous rappelle ainsi que chaque personne, même la plus négligeable aux yeux des hommes, est précieuse devant Dieu.

Deuxième point : Marie nous rappelle l’importance de la foi pour mener une vie meilleure

Dans les lieux de ses apparitions, Marie demande toujours que l’on construise une chapelle ou que l’on vienne en pèlerinage pour prier. Elle insiste sur l’importance des sacrements et d’une vie de prière authentique afin d’entrer en relation avec Dieu. Elle nous invite aussi à faire pénitence, mais pénitence ne veut pas dire punition ! La pénitence est un retour à Dieu quand nous avons pris conscience que certaines habitudes nous tirent vers le bas au lieu de nous faire du bien et qu’il vaudrait mieux les abandonner. Marie veut ce qu’il y a de mieux pour chacun de ses enfants et elle nous donne des conseils, comme les font toutes les mamans.

Troisième point : Marie nous conduit à Jésus

Marie n’attire jamais l’attention sur elle, elle parle sans cesse de Dieu le Père ou de son Fils Jésus. Dans l’Évangile, nous la voyons retenir tous les événements de la vie de Jésus et les méditer dans son cœur. Aujourd’hui, elle veut nous parler de son Fils. Elle nous prend par la main pour nous conduire à Jésus. Comme à Bernadette, elle ne nous promet de nous rendre heureux selon l’esprit du monde, mais de nous donner le bonheur qui vient du Ciel.

Merci à Laure Th. Chanal pour son illustration de sainte Bernadette.

– LE MOT DU LUNDI – Évangéliser avec saint François de Sales

Illustrations de Jean-Marie Woehrel BD TOUT FAIRE PAR AMOUR ET RIEN PAR FORCE © Pierre Téqui éditeur

Nous fêtons aujourd’hui François de Sales, saint patron des écrivains et des journalistes, et docteur de l’Église. Quel étrange destin que celui de cet évêque de Genève qui n’a pas pu vivre dans son diocèse parce que Genève était alors tenue par les calvinistes !

Nous sommes en mars 1595 et François se trouve à Thonon. Il voudrait à la fois soutenir et encourager les quelques catholiques de la région qui subissent des brimades et des persécutions, et ramener dans l’Église les brebis perdues que sont à ses yeux les huguenots. Le dialogue est impossible, François se fait même attaquer à coups de poignards et s’en sort de justesse. Il réfléchit :

– Ceux qui ont peur de nous écouter, peut-être ne refuseront-ils pas de nous lire ?

Il se met alors à rédiger des feuillets où il rappelle les vérités de l’Église catholique. Ces feuillets, distribués en cachette dans les maisons, font beaucoup de bien, mais François s’épuise à les recopier à la main en plusieurs exemplaires.

– Seul, je n’y arriverai jamais, se dit-il. Il faut que je trouve un autre moyen. J’ai entendu dire qu’il existe une imprimerie à Chambéry.

Il s’y rend et commande l’impression de cent exemplaires. C’est ainsi qu’est né le premier journal catholique et même le premier périodique de l’histoire du monde, car François s’efforce de diffuser un feuillet chaque semaine. Au total, ce sont environ dix mille lettres qui furent ainsi imprimées et distribuées de nuit dans les maisons et les villages. Peu à peu, le dialogue s’instaure, les cœurs s’ouvrent.

Et nous, comment témoignons-nous de notre foi ? Sommes-nous suffisamment des ambassadeurs de l’Évangile ? Ce n’est pas toujours facile de parler de notre foi dans notre milieu professionnel, en famille, avec nos amis. Pourtant, quand on a découvert un bon restaurant, on a envie de partager cette adresse avec nos proches. Et nous garderions pour nous la joie de la foi, la force du Pain de Vie, la puissance consolatrice de l’espérance chrétienne, sans les partager avec ceux que nous côtoyons ?

François de Sales prononça un discours pour la reconquête de Genève. « Il faut, disait-il, renverser les murs de Genève par des prières ardentes, et livrer l’assaut par la charité fraternelle. […] Tout cède à la charité ; […] et à celui qui aime, rien n’est difficile. »

Sa méthode est donc simple : prier quand nous ne pouvons rien faire d’autre et, lorsque nous pouvons agir, le faire avec beaucoup d’amour.

La meilleure façon d’évangéliser est d’être là pour les personnes qui ont besoin de nous, dans les moments de détresse, dans les jours d’épreuve, pour offrir notre présence et, peut-être, une parole d’espérance et de foi.

Il ne s’agit pas d’en faire trop, au risque de lasser nos interlocuteurs, mais de donner à bon escient un témoignage de foi qui peut changer la vie de la personne se trouvant en face de nous.

En fêtant saint François de Sales ce 24 janvier, demandons-nous de nous inspirer le mot juste, le geste juste ou même le silence par lesquels nous pourrons apporter le Christ à ceux qui nous entourent.

D’après ma chronique « Un regard chrétien sur le monde » à écouter sur RCF LORRAINE NANCY :

https://rcf.fr/actualite/un-regard-chretien-sur-le-monde?episode=192160